Blog de veille de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

8 novembre 2011    Interactivité   société

Publi par m.leroy

La collecte participative de données

De nombreuses villes se tournent vers les promesses de l’Open data, en libérant les données des services à leur charge. Cette libération permettra ensuite à des start-ups, des hackers, ou de simples citoyens de créer de nouveaux services qui rendent la ville plus transparente, plus accessible et au final plus intelligente. Ce mouvement lié à la libération de l’accès aux données existantes, est en train d’évoluer. Les citoyens, sont progressivement en train de passer de l’état de simple exploitant à celui de collecteur de leurs propres données. La collecte citoyenne et participative de données, facilitée par la quantité de capteurs et de systèmes de géolocalisation de nos appareils mobiles, répond à deux situations. Il peut s’agir de données plus ou moins consciemment fournies par l’utilisateur d’un service (type Foursquare, Twitter). Il peut également s’agir d’un acte d’information conscient et citoyen. Cette action étant aujourd’hui la plus présente dans une situation de crise.

L’accident nucléaire de Fukushima. Le projet RDTN.org (pour “radiation”) aujourd’hui renommé Safecast naît peu de temps après l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima. Son objectif, développer un réseau de collecte des niveaux de radiations au Japon. Cet effort va se concrétiser autour de différentes actions : l’achat de compteurs Geiger, la formation de volontaires à la collecte de données issues de ces compteurs, la publication de ces données sur le site et sur Pachube dans un format ouvert, ainsi que la fabrication d’un compteur grand public pour l’iPhone, le iGeiger. Des cartes issues de ces collectes sont alors rapidement publiées sur le site et permettent de visualiser avec précision l’étendue des dégâts radioactifs de l’accident.

RDTN.org - iGeiger
RDTN.org – iGeiger

Ce sentiment de manque d’information, se trouve à l’origine du site Safecast créé par Marcelino Alvarez, habitant sur la cote ouest des États-Unis et soucieux de l’arrivée du nuage radioactif. Il écrit sur son blog :

“News outlets aren’t capable of reporting multiple points of data in a quick and efficient manner. I wanted more than infographics, diagrams, and looped videos of the tsunami. I wanted to know how much radiation was affecting the various parts of Japan”— Marcelino Alvarez

On se rappelle également que la société exploitant la centrale, TEPCO, aura mis beaucoup de temps avant de fournir ses premiers relevés, et ceux de l’organisation gouvernementale SPEEDI auront été ignorés par le gouvernement lors de l’évacuation.

Les émeutes en Grande Bretagne. Conséquence à nouveau, de l’absence ou du manque d’information concernant les récentes émeutes de Londres, des projets de collectes et de synthèse s’organisent. En utilisant Google Maps, James Cridland va agréger les témoignages de ces émeutes publiées sur les réseaux sociaux en les croisant avec les news des médias traditionnels. Il explique sur son blog le processus de cette agrégation et la difficulté de s’accorder sur la signification d’une “source fiable”. Utilisant la plate-forme Ushahidi, un autre projet, Brixton incident map, se met en place. Son slogan est limpide :

“Because the « real media»  isn’t reporting fast enough”— Brixton incident map

La collecte repose ici également sur la possibilité de reporter via Twitter un incendie, des vitrines brisées, un acte violent ou une intervention de la police mais aussi, spécificité de la plate-forme Ushahidi, par SMS.

Rapidement, The Guardian, média traditionnel reconnu pour son avancée dans le domaine du datajournalisme va mettre en place sa propre cartographie des émeutes. Celle-ci repose sur un travail journalistique de qualité où le Guardian reporte géographiquement les incidents couverts par leur journal, par d’autres médias ainsi que par les rapports de police. Chaque incident est décrit et détaillé avec précision, indiquant la date, l’heure et la source vérifiée.
Le travail de collecte de données ne s’est pas arrêté cependant à la simple cartographie des émeutes. Dès les jours suivants, deux initiatives sont nées du besoin d’organiser l’aide bénévole des londoniens. Qu’il s’agisse de UK Riots Cleanup, utilisant de nouveau la plate-forme Ushahidi, ou DeLoot London sur Google Maps, on y trouve toutes les informations nécessaires à la relance de l’économie des magasins endommagés ou aux opérations de nettoyage. Ces initiatives étant principalement liées à l’agrégation des actions annoncés sur twitter avec les tags #riotcleanup et #riotwombles.

Un travail d’exploitation, de réflexion

Le libre téléchargement des données du Gardian va permettre à Nick Evershed de réaliser une animation visualisant le développement des émeutes. Un premier travail d’exploitation donc, qui améliore et complète déjà la lecture de la carte originale.
Au sein du Guardian, la carte originale est reprise et combinée à celle sur la “Deprivation” (pauvreté) également réalisée par le journal. Ce premier travail de mashup vise à proposer une première réflexion, visuelle, sur l’origine de ces émeutes.
Dans la même lignée la carte réalisée par James Critland est réutilisée dans un travail similaire, utilisant cette-fois ci les données de l’index de “Multiple Deprivation” disponible au téléchargement sur la plate-forme data.gov.uk. Encore une fois, cette réflexion visuelle propose déjà d’intéressantes corrélations, seulement quelques jours après les événements.

De son coté, le projet Safecast a depuis étendu son champ d’investigation puisque les fondateurs souhaitent désormais collecter des données liées au climat, aux vents, aux précipitations. Au Japon comme ailleurs. Il est bien évident que leurs données fournies sous licence “domaine public” de Creatives Commons seront bientôt ou sont déjà exploitées, combinées et complétées dans d’autres travaux.

Google Maps, Ushahidi : des plates-formes de plus en plus accessibles

La grande accessibilité de Google Maps pour la réalisation de cartographies est un des facteurs principaux de l’émergence de la collecte de données en situation de crise. Le service est en effet gratuit, hébergé par Google, simple à mettre à jour et basée sur un service et donc une interface déjà utilisée dans un contexte quotidien.

La plate-forme Ushahidi, pousse encore plus loin la diversité des méthodes de collecte et l’accessibilité de la démarche. La possibilité d’ajouter automatique des données par SMS, email, tag twitter et formulaire web, augmente le nombres de collecteurs potentiels, chaque utilisateur pouvant utiliser son outil favori pour participer à l’effort collectif.

“The Ushahidi engine is there for “everyday” people to let the world know what is happening in their area during a crisis, emergency or other situation. Bringing awareness, linking those in need to those who can assist,and providing the framework for better visualization of information graphically.”— Ushahidi

Même si la carte reste une des visualisations les plus évidentes, la plate-forme Ushahidi propose également une visualisation dans le temps proche du travail de Nick Evershed sur les émeutes de Londres.
Enfin Ushahidi peut-être utilisée directement via la version hébergée par l’organisation et nommée Crowdmap, ou installée sur les propres serveurs des initiateurs d’une collecte de données.
Ushahidi qui signifie “témoin” ou “témoignage” en Swahili, compte déjà de nombreuses initiatives historiques : la cartographie des violences liées aux élections au Kenya en 2008, le tremblement de terre à Haïti en 2010, les “Révolutions Arabes” de 2011 en Égypte, Tunisie et Libye, ainsi que le Printemps Syrien ou encore le processus d’aide humanitaire au Japon après le tsunami.

Cette plate-forme dont l’équipe comprend des volontaires issus des champ des Droits de l’Homme ou du développement informatique est principalement située en Afrique, origine de a création. Présenté à TED par Erik Hersman et à Lift France 2011 par Juliana Rotich (@afromusing) l’organisation travaille aujourd’hui sur SwiftRiver, une initiative visant à créer un système open-source de filtration des données, d’algorithmes de vérification de ces même données et enfin d’analyse sémantique. Le tout, toujours destiné au plus grand public.

On notera sur la carte officielle d’Ushahidi, qu’aucune initiative ne semble encore avoir utilisée la plate-forme en France…

Maxime Leroy

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4 novembre 2011    Communication   Graphisme   société

Publi par s.constant

Usbek & Rica “Racontent le présent, explorent le futur”

les quatres premiers numéros

Amis designers, amis journalistes, amis littéraires, mais surtout amis graphistes, si vous n’avez pas encore feuilleté ce “mook”, alors foncez.
Certains vont me dire : “ce quoi ?”, “Ce mook !” c’est la contraction de magazine et book. Du coup, personne ne sait comment l’identifier, ni même ses deux créateurs Jérôme Ruskin (26 ans) et Thierry Keller (38 ans) ainsi que leur équipe qui expliquent que chacun fait comme il veut, parfois livre, parfois magazine ou revue.
Pour ma part, je serais plus tentée de dire magazine, pourtant il est vendu qu’en librairie. Alors que faire ?
Ce livre est un mystère.
Je vais donc essayer de vous en expliquer quelques-uns.

Pour commencer d’ou vient le titre

Usbek & Rica, ces noms redonnent-ils des souvenirs à quelques-uns ? Ceux qui font des études littéraires, qui ont un bac L ou qui sont dans cette filière, probablement. Pour les autres un indice : Montesquieu. Et voila nous y sommes. Usbek et Rica sont les deux protagonistes des “Lettres Persanes”.
Pour aller un peu plus loin, dans les lettres persanes, Usbek et Rica sont deux voyageurs persans venus en France pour découvrir le monde occidental. Ce livre est un roman épistolaire qui retrace tous les échanges de lettres entre les protagonistes et leurs amis restés en Perse. Des lettres témoignant de leurs impressions et proposant un oeil neuf sur la France de l’époque. (Usbek & Rica, Thierry Keller Et Blaise Mao)
L’idée de Jérôme Ruskin et Thierry Keller était de “démocratiser le contenu des bouquins pas toujours accessible” (Télérama – Passage en revues – Usbek & Rica), et ainsi créer un magazine ouvert, proposant un regard sur notre monde en perpétuelle mutation, et voir au delà pour comprendre le monde tel qu’il sera demain, un peu à la manière de Montesquieu. Leur principale influence est Jacques Attali dont le dernier livre est Une brève histoire de l’avenir.
Usbek&Rica

C’est à ce moment là que les deux personnages ont été créés. Usbek et Rica sont deux hommes qui viennent d’un futur non daté. Dans leur époque un cyberterroriste a fait sauter l’ordinateur central qui gardait toutes les informations concernant l’histoire de l’humanité. C’est ainsi qu’Usbek et Rica sont envoyés dans le passé dans une ville nommée Paris en l’an 2010.

Et voici comment est né ce magazine, dont la baseline “Racontent le présent – Explorent le futur” résume mes explications.

Avant de continuer sur mes découvertes graphiques, une brève explication sur le contexte de ce magazine. Alors comme je l’ai dit Usbek & Rica n’est ni un magazine, ni un livre et encore moins une BD, mais les trois en même temps, et il le revendique 5 € de livre, 5 € de magazine et 5 € de BD un total de 15 € pour 200 pages. À peine sorti on en connaît déjà la fin, ce magazine ne proposera pas plus de douze numéros, traitant de géopolitique, technologie, environnement, culture et société. Divisée en deux parties, présent et futur séparées par une BD, Usbek et Rica est un trimestriel, dont le numéro 1 est sorti le même jour que l’I pad en juin 2010. Une belle ironie du sort, non ? Alors que l’on passe à l’air numérique et que les tablettes font leur grande sortie, Jérôme Ruskin et Thierry Keller proposent un projet papier. Mais comme ils le disent eux-même : “on a jamais autant vendu de vinyle depuis que le CD est mort.”
Le défi était de le publier uniquement en librairie. Ce choix pour faire parler de la qualité des textes, mais aussi du papier et de la ligne graphique, afin d’arriver à un 0% d’invendu.
Objet de discussion et proche du quotidien, Usbek & Rica est un objet de grande consommation, dont la ligne éditoriale le rend unique. C’est le pari du bel objet qu’on a envie de garder pour en faire la collection.

Le bel objet ? Oui, mais pourquoi ?

200 pages ce n’est quand même pas rien, et vous aurez remarqué qu’il n’y a aucune page de pub. Ce qui veut dire que ce ne sont pas les publicités qui financent ce mook et donc que ce sont 200 pages de textes brut, agrémentées d’illustrations et photographies. La direction artistique et création graphique sont réalisées par l’agence gr20paris.

Allons explorer ces pages. La première chose que l’on voit bien entendu c’est la couverture. Une couverture divisée en deux dans le sens de la largeur ; à gauche pour représenter le présent, à droite pour présenter le dossier du futur. On remarque une deuxième chose, ce sont deux pastilles. Et quand on compare aux numéros antérieurs, elles sont aussi là, identiques. L’une est rouge dans la partie présent, ronde, elle est comme les rayons du soleil. Autour, les mots Présent – Décryptage – Uchronie – Observatoire, ce sont les noms des différents dossiers abordés, mais aussi les trois mots qui représentent la manière de procéder des rédacteurs pour analyser le présent. Et de même pour la deuxième pastille, placée dans la partie Futur, c’est une succession de cercles blancs, qui donnent l’impression d’une spirale. Autour, Futur – Prospective – Utopie – Laboratoire.
Quand on feuillette rapidement ce mook, on remarque une première chose. Ce sont ces petits éléments graphiques qui rappellent dans quelle partie du magazine on est. Pour la partie présent, ce sont comme je le disais, des rayons. Ils sont, pour commencer, sur la deuxième de couverture, puis sur la page de gauche de la double page (qui introduit la partie). Ensuite en haut à droite de chaque ouverture de dossier, puis en rappel dans chaque dossier, au milieu de la marge de grand font. On remarque la même chose pour la partie futur, avec des cercles concentriques présents aux mêmes endroits.
Pour continuer ce qu’on regarde bien entendu ce sont les illustrations. Chaque dossier à son propre illustrateur, donc on ne peut pas dire qu’il y a un style précis, chaque illustrateur a sa propre patte, sa propre signature ; et pourtant j’ai l’impression que l’on retrouve une ambiance rétro. Je ne pense pas que ce soit pour rentrer dans ce phénomène de mode que l’on croise partout aujourd’hui. Mais sûrement pour exprimer que le présent est déjà du passé et qu’il faut en tirer les bonnes conclusions pour pouvoir avancer, et qu’il faut savoir regarder en arrière pour voir ce qu’il y a devant.

usbek-03Chaque numéro est articulé de la même manière : édito, deux pages de sommaire, deux pages de bilan d’actualité,  la page est divisée en deux ; en haut ce qui va (peut-être) resté dans 10 ans, et en bas ce qu’on aura (sûrement) oublié dans 6 mois. Puis la partie présent, la BD, la partie futur, (c’est deux parties sont chacune divisées en différents dossiers), et pour finir un dossier club. Oui un dossier Club. La comme ça, j’ai du y retourner à plusieurs fois pour comprendre de quoi il s’agissait réellement. En fait ils le définissent sur la double page d’ouverture de ce dossier. “Club : Société où l’on discute de problèmes économiques et politiques ; où l’on se réunit pour causer, lire, jouer, etc.”(Larousse).” Dans ce dossier, ils présentent plusieurs personnes, un thème de discussion, et le propose comme si on était dans une conférence et que tous les protagonistes répondent d’un problème.

Puisque nous sommes dans un livre-magazine qui se préoccupe de notre devenir, ils ont joué sur des termes en rapport avec le temps et les probabilités : uchronie, c’était mieux avant ?, puis scénario, utopie, vision…
Les parties présent et futur sont divisées en plusieurs dossiers. Au total quatorze dossiers ouverts de la même manière, un visuel sur la page de gauche, et texte sur la page de droite, avec au moins le titre et le chapeau du dossier, parfois on y trouve un bref historique et le début du texte en plus.

Si l’on continue à observer en profondeur, le magazine se décline autour de quatre typographies différentes, qui sont, bien entendu, utilisées dans différentes graisses. Chacune a son propre rôle. L’une ne sert que pour les titres et le rubricage, une autre les chapeaux et les exergues, le texte courant pour la troisième, et la dernière pour faire la carte d’identité de la personne dont on parle, ou la légende des illustrations, photographies et graphiques employés.

Pour ce qui est du rapport entre le texte et les images, c’est à peu près égale. Parfois il y a plus de texte, parfois il y a plus d’image. De plus je trouve la mise en page tellement bien faite qu’à elle seule, on peut y voir une image. Il existe un équilibre entre les textes et les blancs, que le feeling passe. La lecture est fluide et instantanée.
On peut dire que, dans ce mook, il est écrit un texte aussi riche que dans un livre, avec un gabarit de magazine.

Au niveau communication, ils sont au top. Pour lancer les premiers numéros, ils ont à chaque fois sorti un trailler pour annoncer les grandes thématiques aborder. Et ainsi refleter l’univers graphique de ce magazine.
De ce fait, si je ne vous ai pas convaincu, vous pouvez toujours regarder ces vidéos.

En voici la première.
Usbek & Rica N°1 – Le nouveau magazine culturel

Bonne lecture à tous.

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4 novembre 2011    Buzz   Communication   Graphisme   Interactivité   Interface   art   numerique   société

Publi par j.denogent

Geoffrey Dorne, graphiste engagé et branché

J’ai choisi de vous parler d’un jeune graphiste de 26 ans, Geoffrey Dorne. Diplômé de l’ENSAD de Paris depuis 2009, il commence à faire de sérieuses vagues dans le monde professionnel du design graphique et interactif. Graphiste talentueux et adepte des nouvelles technologies, il possède une réelle aptitude à mettre les actualités en images à la fois de manière graphique et pertinente, et tenir informé les gens grâce à divers blogs et sites internet. Son style acéré n’épargne rien ni personne, et il possède une volonté sérieuse de dénoncer ce qui le dérange…

Geoffrey Dorne

Geoffrey Dorne

  • Geoffrey Dorne, c’est pour commencer un artiste né…

Tous les enfants aiment dessiner. Geoffrey n’a pas échappé à cette règle, et à l’âge de tenir un crayon, a commencé sa carrière artistique… sauf qu’à la différence de beaucoup qui s’en sont tenu à l’art créatif du griffonnage lors de cours ennuyeux, lui a choisi de prendre des cours de dessin et d’art graphique. La découverte certaine de son esprit créatif lui a donné envie de continuer et c’est pourquoi tout naturellement il est entré à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, d’où il est sorti en 2009 avec en poche un diplôme de design graphique et multimédia, avec mention très bien s’il vous plaît !!!

  • Geoffrey Dorne, c’est un mec qui en a… dans la tête !

En effet, mon attention a été retenue par son projet de fin d’étude qui lui a permis de se faire découvrir en tant que graphiste à part entière. Présenté devant un jury de graphistes et de designers, Hacking Citoyen, ou comment déjouer la surveillance au profit de la liberté, est un ambitieux projet dans lequel Geoffrey Dorne a proposé un ensemble de solutions pour aller à l’encontre du système de surveillance et recouvrer nos libertés en tant que citoyen en France. Il a ainsi mener une recherche très complète dans le domaine de la surveillance (caméras en ville, loi Hadopi, fichiers policiers, réseaux sociaux, et j’en passe !) et conçu six objets-gadgets permettant de braver l’État et son emprise sur le citoyen. Mes préférés sont la broche infrarouge qui permet à son porteur de se rendre anonyme face aux caméras de surveillance et la clé USB intitulée ID-key, permettant de générer des identités en ligne aléatoire (avec mail, mot de passe, numéro de téléphone, nom, prénom, blog, Facebook, Twitter, etc.). Ces idées ingénieuses m’ont surtout interpellé du fait qu’elles aient été présentées dans le cadre d’un projet de fin d’étude. Geoffrey a choisi de prendre un certain risque en affichant clairement ses opinions tout en exploitant un sujet brûlant… et s’en est tout de même sorti avec une mention très bien ! Chapeau l’artiste !

Broche infrarouge permettant à son porteur de se rendre anonyme face aux caméras de surveillance

Broche infrarouge permettant à son porteur de se rendre anonyme face aux caméras de surveillance

Clé USB intitulée ID-key, permettant de générer des identités en ligne aléatoire

Clé USB intitulée ID-key, permettant de générer des identités en ligne aléatoire

  • Geoffrey Dorne, c’est aussi le graphiste masqué du web…

Ce projet de fin d’étude n’a pas été choisi par hasard, et Geoffrey ne s’est pas arrêté là, puisque parallèlement à sa formation, il publie des affiches sur http://Jaffiche.fr, dans lesquelles il donne son avis, sa vision des différents problèmes de société qui le marquent :

« J’affiche…! L’actualité en affiche, par moi, pour vous.» 

Et rien ne lui fait peur ! De la crise en France aux conflits internationaux en passant par Facebook et Hadopi, il met le doigt là où ça fait mal, mais avec classe… Je vous laisse en juger par vous même avec cette petite série d’affiches… mes préférées !

Contre l'arrivée du Taser

Contre l'arrivée du Taser

Un homme tue sa femme après avoir vu son statut Facebook.

Un homme tue sa femme après avoir vu son statut Facebook.

Une affiche contre un état qui ne comprend rien à Internet !

Une affiche contre un état qui ne comprend rien à Internet !

La transformation du parachute doré des patrons de Valeo, Vivendi, Fortis, Alcatel, Carrefour, EADS, Vinci, etc.

La transformation du parachute doré des patrons de Valeo, Vivendi, Fortis, Alcatel, Carrefour, EADS, Vinci, etc.

Quel changement pour le Nouveau Parti Anticapitaliste ?

Quel changement pour le Nouveau Parti Anticapitaliste ?

Michael Jackson s’en est allé… :(

Michael Jackson s’en est allé…

Pour que la police n’ai plus à craindre les enfants !

Pour que la police n’ai plus à craindre les enfants !

Mais non, Brice Hortefeux n’est pas raciste, il parlait des Auvergnats.

Mais non, Brice Hortefeux n’est pas raciste, il parlait des Auvergnats.

J’ai déjà un iPad

J’ai déjà un iPad

Israel, Palestine, l'unité serait pourtant tellement plus belle.

Israel, Palestine, l'unité serait pourtant tellement plus belle.

Sa force tient au fait qu’il trouve le petit détail, l’élément graphique à mettre en valeur tout en restant simple et minimaliste. Le message n’en est que bien plus mis en valeur, un peu à la manière de Saul Bass, Paul Rand et Alain Le Quernec. Mais son atout majeur reste qu’il ne s’enferme dans aucun style graphique particulier, passant avec la plus grande aisance de la peinture aux photo-montages sans oublier les jeux typographiques, et toujours avec brio.

Les affiches ne sont bien sûr pas sa seule vocation. Pourquoi s’en tenir qu’à ce support quand on sait faire plein d’autres choses ?… Et pour pousser ses coups de gueule et combattre l’injustice, le designer masqué (ou pas…) a créé plusieurs sites internet pour venir en aide à ses concitoyens.

  • Fauxnumeros.fr est un site qu’il a créé pour recenser les numéros qui tentent de nous arnaquer à coups de surtaxes, de fraudes et d’arnaques. On peut même y déposer des numéros s’ils sont manquant à la liste !
fauxnumeros.fr

fauxnumeros.fr

  • www.hacking-citoyen.fr est le site-recueil de son travail dont nous avons parlé plus haut, afin de donner la possibilité aux gens qui veulent en savoir plus sur les agissements de notre État contre nos libertés.
www.hacking-citoyen.fr

www.hacking-citoyen.fr

  • http://geoffreydorne.com/mairie est un « site coup de gueule»  créé par Geoffrey Dorne et et le collectif Formes Vives. Ce générateur de logos de mairie permet à l’utilisateur de créer son propre « logo» , simplement en tapant le nom de sa ville, grâce à une banque d’images et de formes symboliques. Le but est de dénoncer gentiment les créateurs de logos pour mairie qui se basent pratiquement tous sur des styles vus et re-re-vus, et ainsi montrer l’importance de travailler avec de véritables agences de communication visuelle pour créer son identité visuelle.
http://geoffreydorne.com/mairie

http://geoffreydorne.com/mairie

  • Geoffrey Dorne, c’est la volonté de communiquer et d’apprendre aux gens…

En parallèle, il tient plusieurs blogs afin de communiquer sa passion aux internautes. Le plus populaire d’entre eux : graphism.fr (classe comme nom de domaine !!! ) a été créé en 2008. Il s’agit d’un blog sur le design graphique, la typographie, l’interactivité et le design en général, où Geoffrey publie des créations et inventions marquantes de sa veille quotidienne dans ces différents domaines.
Un autre blog, Vendredi c’est Graphism! dans lequel Geoffrey publie tous les vendredis plusieurs articles, couvrant l’ensemble de l’univers du design. Et non, le vendredi n’est pas seulement le jour du graphisme ! On y découvre des artistes, des créateurs, ou simplement des concepts et inventions qui ont plu à Geoffrey et dont il veut nous faire part. Et il y en a pour tous les goûts !
Il est aussi l’auteur d’un manuel de typographie numérique, dans lequel il recense les règles adaptées à la conception sur écran, autrement dit tout ce qui parle de résolutions, pixels, règles typographiques. Grâce à ce manuel, il a mis le point sur un problème de non-adaptation à l’ère numérique dans laquelle nous vivons aujourd’hui : beaucoup de livres sont publiés sur la conception du graphisme imprimé mais c’est encore silence-radio sur les préceptes de la réalisation sur écran.

Manuel de typographie par Geoffrey Dorne

Manuel de typographie par Geoffrey Dorne

Consultable ici : http://geoffreydorne.com/manuel/

Pour finir, j’ai aussi beaucoup apprécié le site http://graphisme.tv/, à l’initiative toujours de Geoffrey, et dans lequel on peut trouver gratuitement une bonne quantité de vidéos de conférences diverses et variées en rapport avec le graphisme et le design. Je regrette cependant une navigation un peu trop simplifiée, du fait que l’on ne trouve aucun index qui nous permettrait de retrouver un peu plus rapidement une vidéo souhaitée, ou un thème abordé… mais bon, ce n’est qu’un détail ! :p

  • Geoffrey Dorne, c’est aussi un designer graphique comme les autres…

Designer professionnel depuis 2005, il a aussi réalisé bon nombre d’identités visuelles, chartes graphiques et sites web de marques et institutions comme le Musée d’Art Moderne de Paris, ou encore pour le 29e festival de Jazz de Montréal.
En tant que directeur artistique et co-fondateur de Yoocasa, plateforme en ligne pour la famille, il a réalisé l’ensemble de son identité visuelle, sa charte graphique et le design de son site internet.
Il est aussi le créateur de motifs pour cravates, proposés dans un concours lancé par Dominique France. Il souhaitait ainsi trouver un « rapport contemporain entre des motifs pixels et un support classique : la cravate» .
Et pour finir, il occupe un poste, parallèlement à ses activités professionnelles, comme chercheur à l’EnsadLab de Paris, dans le laboratoire IDN (Identité Numérique Mobile), où il travaille sur la communication non-verbale, la communication émotionnelle et les espaces numériques partagés. Pas le temps de s’ennuyer avec Geoffrey !…

  • Pour conclure…

J’ai découvert Geoffrey Dorne lors de sa conférence donnée à l’École de Design Nantes Atlantique en novembre 2010. Cette rencontre fut pour moi l’occasion de faire de plus amples recherches sur son travail. C’est pourquoi je suis entrée en contact avec lui afin de pouvoir écrire cet article. Je le remercie d’ailleurs d’avoir été aussi accessible malgré son emploi du temps certainement bien chargé… Je me permets de publier l’intégralité de son interview, pour votre plus grand plaisir !

Interview

  • Quand et pourquoi as-tu décidé de faire ce métier ?

Le métier que j’exerce aujourd’hui a toujours été changeant, de graphiste, je suis passé à designer graphique et aujourd’hui « designer»  dans son sens le plus large. Je n’ai jamais « décidé»  à proprement parler de faire ce métier en particulier mais j’évolue chaque jour de projets en projets, qui sait-ce que me réserve demain ?

  • Quelle formation as-tu suivie (orientée sur le graphisme ou non) ?

Depuis l’enfance, je dessine et je « bidouille»  sur mes différents ordinateurs. Je me suis donc naturellement orienté vers l’école d’art municipale de ma ville pour apprendre le dessin et les
arts graphiques. Par la suite, j’ai réussi le concours de l’Ensad de Paris (les Arts Décos de Paris) pour y étudier le design graphique et le multimédia. Aujourd’hui, je continue ma « formation»  dans ma pratique professionnelle et en tant que chercheur à l’EnsadLab de Paris, où je m’intéresse tout particulièrement à la communication non-verbale, la communication émotionnelle et les espaces numériques partagés.

  • Quel est ton statut ? Freelance, indépendant, salarié … ? Pourquoi ce choix ?

Freelance. Il s’agit plutôt d’un choix personnel qui me permet d’avoir une richesse assez grande dans mes différents projets et dans les différentes collaborations que j’ai avec mes commanditaires.

  • Quelles sont tes inspirations ?

Tout est source d’inspiration pour moi, sauf justement le graphisme. Je pioche mes idées dans la littérature, dans la programmation, dans les sciences cognitives, dans l’actualité politique, sociale, etc. Internet est ma plus grande source « d’inspiration» .

  • Comment procèdes-tu pour travailler ? Mettons, par exemple, qu’on te donne aujourd’hui un nouveau projet à faire ; quelle va être ta méthode ?

Il n’y a pas de méthode clef. En fait, j’apporte un très grand soin à me concentrer sur la problématique du projet et à qui il sera destiné. Quelle est sa question, quel est son angle de vue, etc. Tous ces éléments me donnes les clefs pour attaquer le projet et une méthode différente.

  • En tant que designer graphique et multimédia, penses-tu qu’il existe une culture propre à Internet en matière de design ?

Internet nous dévoile des tendances graphiques sur les sites internet et sur les interfaces en ligne. On reconnait très facilement un site des années 90 lorsqu’il possède des gifs animés et un logo Multimania ou Wanadoo. Être au courant de ces tendances et prendre du recul vis-à-vis d’elles (les sites portails, les sites centrés dans la page, les sites en Director, etc.) permet de savoir pourquoi elles existent et ainsi de les utiliser par moment, à bon escient. De même, il est ensuite possible d’anticiper sur les prochaines tendances pour les devancer.

  • Tu as réalisé bon nombre d’affiches dans lesquelles tu dénonces, d’où t’es venu cet esprit revendicateur ?

En effet, je réalise parfois des affiches sur http://Jaffiche.fr qui « dénoncent»  ou qui « montrent du doigt»  certains problèmes (politiques, sociaux, environementaux, naturels, etc.). Cette vision est très personnelle et partent souvent d’un constat ou d’une proposition de ma part. Je n’estime pas avoir un réel « esprit revendicateur»  mais j’aime aller au bout de mes idées et, avec mon métier, j’ai la chance de pouvoir « montrer»  ces choses. L’idée derrière tout ça est de partager et, pourquoi pas donner des images aux gens, aux citoyens, aux internautes…

  • Où trouves-tu toutes ces idées ?

Comme je le décris sur mon blog Jaffiche.fr avec ce petit « éclair»  sur mon logo, cela vient souvent en un instant, en un éclair, en l’espace d’une minute. En général, cela arrive quand je lis twitter, quand j’écoute la radio ou que je lis la presse…

  • Tes affiches sont très piquantes et pertinentes… L’envie ne t’es jamais venue de te lancer plus ou moins dans la politique ?

Excellente question ! Personnellement, je n’ai jamais eu l’intention ou la volonté de me « lancer»  dans la politique ou de soutenir un quelconque parti politique, au contraire, je tâche de ne manquer personne dans mes affiches.
Et pour finir, je me sens plutôt à la hauteur du citoyens, que dans les bassesses des politiques.

  • Selon toi, de quelles qualités doit disposer un graphiste ?

L’empathie, la patience, l’écoute, l’ouverture d’esprit.. il y en a beaucoup. Ce sont avant tout des qualités humaines avant d’être des qualités techniques.

  • As-tu des conseils pour les étudiants qui envisagent une carrière de graphiste ?

Personnellement, je n’ai jamais vraiment eu de conseils, mais si je devais en donner aujourd’hui, je pense que ce serait de se diriger, dans le moindre de ses travaux, vers ce que l’on apprécie, vers un but global. Nous avons beaucoup de chance d’évoluer dans un métier que nous avons choisi parce qu’on l’aime, autant continuer.

  • Quelles sont tes perspectives d’avenir ?

Tout est possible !

  • Un petit mot en plus ?

Merci beaucoup pour cette petite interview et j’en profite pour saluer Stéphane Gouret, Grégoire Cliquet & Laurent Neyssensas et toute l’équipe de L’Ecole de Designn qui m’ont accueilli avec beaucoup de gentillesse.

Excellente après-midi,

Geoffrey

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19 septembre 2011    J'ai testé pour vous   Non classé   conférence

Publi par b.gagneux

Lift11 Expérience bénévole

Du 6 au 8 juillet dernier a eu lieu à Marseille le LIFT France 11. L’occasion pour Maxime Leroy, Ian Ardouin, Swanny Mouton, Agathe Dahyot, Manon Dupouy et moi-même d’y être bénévoles. En deux mots, LIFT 11 est un événement regroupant conférences, ateliers de travail et expositions avec pour thème l’innovation sociétale et technologique. Cette année était placée sous le slogan « Be radical»  ! Je rendrai essentiellement compte de l’expérience LIFT en tant que bénévole.

Lift in the city !

Lift in the city !

Nous allons donc faire un tour d’horizon de l’envers du décor de cet événement à dimension internationale. Pour se faire nous allons procéder logiquement en débutant par l’avant LIFT, précédé par le pendant et finir par l’après ! Suivez le guide… [Lire la suite →]

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14 septembre 2011    Graphisme   conférence

Publi par a.delfaut

Rencontres de Lure, 2011 : un grand cru

C’est à Lurs, en Provence, la dernière semaine d’août que se réunissent depuis près de soixante ans (historique ici) tous les métiers dont le rôle est de partager de la connaissance et de créer du lien par l’écrit. Tous les participants vous diront que pendant une semaine ils font le plein d’images, d’échanges, d’énergie, d’informations… qui leur donnent punch, ouverture pour l’année. Ils ajouteront peut être que le lieu et la chaleur qui s’en dégage devient comme une drogue. Quelques mots pour communiquer l’éblouissement d’une semaine chargée de rencontres et de conférences. Cette année, les conférenciers nous ont livré leur regard autour du thème « À la marge» . [Lire la suite →]

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31 août 2011    J'ai testé pour vous   conférence

Publi par m.dupouy

Lift 2011- session WORK/LEARN

Ville Keränen - Monkey Business

Ville Keränen - Monkey Business

Cette version 2011 de LIFT n’a décidément rien de « radical» . La leçon de ces 5 jours, « Futur businesses will be social !»  aurait pu être le slogan de la manifestation, sans doute trop flagrant en ce XXIe siècle récessif…
On ne parle à Lift que de « community» , « peer-to-peer» , « network» , « team» , « experiences»  sur fond « d’innovation» , mais une innovation sociale. Les speakers ont créés des services qui connectent les patients, les investisseurs, les connaisseurs… On avait ouï dire que l’innovation sociale était « in» , on le constate désormais de visu.

Philine Warnke confirme la donne :

« Innovation is no longer what people do, but it is about everyday life» .

L’innovation évolue. Le nouveau modèle ? Des plateformes d’échanges pour des experiences collectives. (download Philine Warnke\’s PDF)
L’avis des internautes est de plus en plus officiellement sollicité, glorifiant ainsi l’internaute comme citoyen actif de la communauté. Les « innocamps»  (innovation camps) se multiplient dans les entreprises. Tout le monde donne son avis et a la possibilité de créer quelque chose.

L’interaction entre les gens est la clé de l’innovation. Johannes Partanen l’a bien compris. En 1993, il fonde la Team Academy. Cette université au nom marketing digne d’une télé-réalité, forme des entrepreneurs dans un contexte scolaire peu conventionnel. Pas de professeurs mais des coachs, pas de notes mais des clients, des revenus et des voyages. Oui, une telle école existe et a du succès, de surcroît : 1 500 000 € de revenus sont générés tout les ans par ces « team-companies»  Revenus en partie destinés à financer les voyages des étudiants dans le monde entier. La Team Academy compte aujourd’hui des antennes dans toute l’Europe allant du lycée jusqu’au diplôme universitaire, en passant par des cours pour adultes.
Fondée sur la théorie de David A. Kolb, de plus en plus répandue, selon laquelle les expériences et expérimentations permettent de concrétiser tout ce que l’on apprend dans les livres dans une situation pertinente et immédiate ; la Team Academy confirme cette effervescence autour de la « communauté» .

« Learning is social and happens in a community» 

revendique Ville Keränen, diplômé de la Team Academy . En 2007, il fonde Monkey Business avec 5 autres diplômés, une entreprise qui poursuit l’oeuvre de Johannes Partanen en encourageant un système d’apprentissage basé sur l’entrepreneuriat collectif des étudiants. Ils coachent aussi, pendant une semaine en Finlande, des employés de grands groupes (La RATP et le Crédit Agricole ont testé) aux pratiques innovantes et au team management . Leur credo ? « More Action, More Chaos, More Mistakes and More Learning»  : simple mais inédit. Remettre en cause le système existant et développer un nouveau genre de business n’a jamais paru aussi fun ! (download Ville Keränen\’s PDF)

Du social business à échelle nationale, c’est le pari de GEOFF MULGAN, ancien directeur de la stratégie du gouvernement britannique et du cabinet du Premier Ministre. Le site de sa société, Nesta, annonce la couleur :

« Nesta is the UK’s foremost independant expert on how innovation can solve some of the country’s major economic and social challenges» .

Audacieux ? Pas tant que ça si l’on en croît les articles de leur blog.

Gidsy, le site berlinois qui monte, propose « les endroits à explorer, les gens intéressants à connaître et les trucs à faire» . Mais surtout ce sont les gens de cette communauté qui proposent un « tour»  ou en réservent, partageant ainsi leur savoir par affinité. Assurément les workalcolic pour qui faire des activités demande trop de volonté, d’administration et un casse-tête temporel, vont trouver plus qu’alléchant ces rendez-vous ponctuels à la carte.

Lift est sans conteste le rendez-vous des acteurs d’un monde meilleur, un rafraîchissant idéal en ressort. Cette atmosphère effervescente reste toujours la meilleure inspiration, gage de projets en devenir.

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26 juin 2011    international 2nd cycle

Publi par e.bardet

Istanbul, ou la richesse du métissage culturel

Le stage professionnel m’a donné l’occasion quelque mois durant de découvrir Istanbul. Anciennement capitale de l’empire Byzantin puis Ottoman, la ville est très marquée par son histoire riche, unique et tumultueuse. C’est pourquoi il est important d’en énoncer les grandes lignes… Véritable carrefour entre l’Asie et l’Europe, sa situation géographique en fait un lieu exceptionnel. Bien qu’elle ne soit plus la capitale économique de la Turquie, elle reste un impressionnant foyer culturel. La chute de l’Empire Ottoman avait entraîné une décadence et l’entrée de la ville dans l’économie moderne fut laborieuse. Depuis elle subit un fort mouvement d’occidentalisation. Aujourd’hui Istanbul évolue à une vitesse fulgurante, toujours entre modernité et tradition, Orient et Occident, profitant ainsi de la richesse culturelle offerte par son histoire si particulière.

L’architecture a toujours été omniprésente à Istanbul, la silhouette de la ville raconte son histoire. Les mosquées de l’architecte Sinan, génie du XVIème siècle, côtoient les konaks, maisons bourgeoises, généralement en bois, datant du XXième siècle. Dans le centre des affaires, les buildings fleurissent, entre deux minarets… Istanbul va de l’avant. On peut citer deux projets récents qui en témoignent.

La mosquée de Sakirin, érigée en avril 2009, a été entièrement aménagée par l’architecte d’intérieur Zeynep Fadillioğlu, soit, pour la première fois en Turquie, par une femme. Son travail allie les influences européennes avec une élégance orientale, le tout confère à Sakirin Camii une sensibilité nouvelle et une ligne contemporaine tout en respectant les codes religieux en vigueur.

sakirin camii

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26 juin 2011    Mobilier   habitat   impression   international 2nd cycle   plastique   textile

Publi par as.blanchet

Design from Sweden, Design by Sweden !

Light My Fire

light my fire

Basé en Suède, Light My Fire est un spécialiste des accessoires de plein air. Des accessoires low-tech, essentiels, et de très bonne facture (très représentatif du design suédois, non d’Ikea) qui vont accompagner l’usager du moment où il va faire son feu jusqu’à la dégustation du repas.

« Light My Fire » est un nom qui porte en lui beaucoup de la culture suédoise où la place du feu est majeure (camping sauvage, barbecues aménagés…). Pour cette entreprise, malgré l’air du numérique, de l’efficace, du mobile…tout le monde aspire à un feu, au feu symbole de vie.

Les produits pensés par Martin Pråme et Joachim Nordwall sont séduisants tant par leur intelligence d’usage, la place qu’ils laissent à la Nature et aux rituels (cf. l’extension du bâton de bois pour faire griller ses aliments), que par leur ligne et leurs couleurs (tendance produits Joseph Joseph).

http://www.light-my-fire.se/

http://www.josephjoseph.com/

Monica Förster

monica förster

C’est au court d’un projet sur le camping de demain et de recherches sur des structures éphémères alternatives que j’ai redécouverts Cloud et du même coup Monica Förster.

Monica Förster est une designer [Lire la suite →]

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26 juin 2011    Non classé

Publi par f.bougro

La technologie à fleur de peau…

De quoi sera fait notre futur?

Le géant américain Microsoft a donné sa réponse pendant les Techdays 2011 avec Skinput qui propulse le corps humain au rang de surface tactile…

Dans cette avalanche d’innovations insistant sur l’information intuitive dévouée au genre humain, le concept Skinput s’est dégagé de la masse. Cette nouvelle technologie transforme la peau en « télécommande numérique » par une interface intuitive transmise par un petit projecteur.

C’est en collaborant avec Microsoft que les chercheurs de l’université de Carnergie Mellon ont produit le Skinput. L’appareil analyse les vibrations émises lors d’un contact entre la main et la peau. L’ordinateur prend en compte l’ensemble des transmissions physiques générées par des tapotements sur la peau, comme la pression, la vitesse, la force.

Skinput et son interface naturelle ouvre de belles perspectives pour le jeu vidéo, la téléphonie avec ces produits nomades et l’informatique.

D’autres innovations ont aussi marqué le salon comme Light Space qui métamorphose n’importe qu’elle pièce en un surface numérique par un ensemble de capteurs et projecteurs.

Ces innovations, possédant un véritable potentiel, sont loin d’avoir livrées l’intégralité de leurs capacités d’utilisation…

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26 juin 2011    Non classé

Publi par j.clement

le mobilier de transition: vers une nouvelle ébénisterie?

Mobilier de transition. L’expression est un peu barbare, mais elle caractérise bien ce que font aujourd’hui les créateurs de mobilier contemporains spécialisés dans l’ébénisterie.

Il y a aujourd’hui peu de créateurs qui réalisent du mobilier contemporain en ébénisterie. Ce sont souvent des petites structures. La plupart des ébénistes aujourd’hui font de la restauration, ou bien du mobilier de style. Comment pourrait t-on expliquer cette timidité des ébénistes à explorer le champ de la création?

Tout d’abords, l’ébénisterie c’est l’Art de plaquer des feuilles de bois, particulièrement des essences rares (ébène, citronnier, paduk) sur une structure en contreplaqué. Cette technique existe depuis le XV ème siècle. Et aujourd’hui encore, c’est quasiment le même procédé. Seuls les matériaux comme les colles pour le plaquage ont changées. Les ébénistes sont donc fortement influencés au cours de leur formation par les grands styles classiques, qu’ils étudient durant leur tour de France (s’ils sont compagnons). Difficile pour eux de se dépêtrer de ces codes mis en place en des temps anciens par les ébénistes les plus célèbres tels que Jacques-Émile Ruhlmann ou bien Jean-Henri Riesener. Ainsi, leurs créations contemporaines s’inspirent au niveau formel de ces modèles. C’est donc cela le « mobilier de transition », un meuble emprunt des codes formels du passé mais qui adopte néanmoins une ligne résolument contemporaine.

Quand on regarde ce type de meuble, on est troublé justement par cette double identité. On se dit que la forme du meuble n’est pas aboutie, qu ‘elle vacille entre deux esthétiques. On doute alors de la pertinence d’un telle démarche.

Aujourd’hui, les créateurs contemporains ébénistes travaillent sur des pièces uniques, ou sur de la tout petite série. Ce sont des meubles qui peuvent atteindre des prix jusqu’à 20000€. On est bien au delà des prix des créations que l’on peut trouver chez les éditeurs de mobilier design. La cible est donc différente. En effet, si les clients des éditeurs de mobilier design sont des amateurs de décoration ou de designers réputés, les client de « mobilier de transition » sont meublés classique. Ils veulent du contemporain mais ne sont pas prêt pour le « design » et son esthétique industrielle. Ce type de création se différencie donc du design de mobilier, et est plus assimilée au mobilier classique. C’est en cela qu’elle est pertinente, elle est bien adaptée à sa cible. Et même si nous, nous sommes troublés par ces formes, elles trouvent tout de même preneurs.

Désormais, il convient de se demander si cette cible ne s’orientera pas vers le mobilier « design », poussée par la diffusion de ce type de meuble dans les médias par exemple. Il serait alors intéressant de voir ces créations contemporaines, et comment les techniques d’ébénisteries, artisanales par excellence s’adapterait à ce mobilier.

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