Blog de veille de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

2 avril 2008    société   

Publié par Benoît EVELLIN

La parodie 2.0

Internet est pour beaucoup le média numéro 1 de l’information. Mais il est aussi le média de la désinformation, volontaire ou non. Mis à part les hoax, le marketing viral ou les chain-mails encombrants, qui véhiculent rumeurs non vérifiées sur rumeurs encore moins vérifiées (et dont nous reparlerons plus tard), jetons un œil sur la désinformation volontaire à vocation parodique.

Premier axe, avec une parodie très sérieuse de Wikipédia : la désencyclopédie. Disponible actuellement en 50 langues, la Unencyclopedia est à l’origine disponible en anglais. Nos cousins québéquois ne sont pas restés les mains croisées : une version française, la sencyclopédie est disponible depuis “quelques années avant Chuck Norris”. Site web à saveur parfois humoristique pour post-ado en manque d’attention (SWSPHPAMA en jargon contemporain), la désencyclopédie devient un moyen de prendre complètement à contrepied le sérieux (parfois mis en cause) de Wikipédia. Bien que non lié à ce dernier site, les désencyclopédies du monde entier sont le plus souvent hébergés par Wikia, portail crée par le fondateur de Wikipédia, Jimbo Wales.

Mais la vague la plus importante de parodie sur le web est la compilation du médiocre. Le principe est simple : trouver quelque chose de moche, de débile, de pas abouti… et en publier le meilleur, avec classement et commentaires, histoire d’avoir un soutien communautaire. Le classement réalisé se veut amusant, mais tombe souvent dans le gratuit, voire parfois le méchant.

Une des cibles favorites des designers hypermédia et de la communauté blog en général, est le Skyblog, parodié par bien des gens en “Skybeurk”. Pour rappel, la plateforme de blogs de la radio Skyrock fait partie du top 10 des sites les plus visités au monde, c’est dire du phénomène. Bienvenue donc sur le site des Skybeurs Awards, qui classent les Skyblogs par leur contenu. Pour rappel, les skyblogeurs sont souvent adolescents, ce qui donne un festival de mièvrerie et de plaintes, comme quoi le monde est trop injuste. Il faut également faire le tri entre les parodies glissées dans le classement et les vraies “réussites”, où le bon goût a foutu le camp depuis bien longtemps. Fort heureusement, le Skyblog de l’Ecole de design échappe au classement. Ou pas.

Autre compilation du médiocre, avec les WebNavets, annuaire regroupant les pires réalisations de webdesign connues. Le principe est le même pour pour Skybeurk, sauf qu’il s’agit là de réalisation personnelles, portant sur des centres d’intérêt ou même des entreprises. On y trouve quelques perles, avec de l’abus de GIF animés ou de javascripts aux goûts douteux. Pour les utilisateurs de Firefox, le voyage peut prendre d’autres formes, non prévues par les créateurs des sites visités, peu au courant des différences encore énormes entre navigateurs.

Dernier cas avec les citations en pagaille. Hormis l’électron libre Kasite Citations qui espionne vos moindres paroles, la grande référence du Web est Bash, qui relève les perles, lapsus et bons mots de l’IRC (les chats), mais aussi depuis peu les messageries instantanées. Bashfr, la version française du site est une référence du web francophone. Terminer là bas est souvent un peu honteux, car on n’est jamais mis en avant de la bonne manière, mais en même temps, c’est un peu un honneur : c’est une grosse partie de la communauté web francophone qui va rire grâce à vous.

Dans tous les cas, il est amusant de remarquer que les webmestres de ces sites de classement réalisent toujours une interface propre, lisible et avec une volonté fonctionnelle. Sans doute pour ne pas tomber ironiquement eux même dans leurs propres classements.

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Tags: société

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