Blog de veille de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

29 juin 2009    Design For All · Technologie · conférence · société · sustainability   

Publié par e.letutour

Lift France 09 en trois mots.

Conférences, installations, rencontres.

Du 18 au 20 juin dernier au Pharo de Marseille s’est déroulée la première édition française de la Lift Conference, un évènement d’origine suisse organisé pour la première fois en 2006. Nous pourrions dans ce billet nous attarder sur un bilan des deux journées de conférence ou sur une présentation des installations, ou encore débattre de la composition de l’incroyable salade de pâtes servie au buffet de la première journée. Mais vous trouverez ça bien mieux raconté sur le site officiel de l’évènement, sur ce billet de PiNG ou encore dans cette série de clichés. Nous allons ici plutôt nous attarder sur le format et l’organisation de l’évènement, qui en font un lieu de réunion, de rencontres et d’ébullition si particulier.

© Laurent Neyssensas
© Laurent Neyssensas

Lift, c’est d’abord une série de conférences faisant intervenir des « speakers»  de nationalités et de professions variées. Du ministre à l’économie numérique à l’auteur de science-fiction en passant par divers consultats, théoriciens ou designers du numérique, le paysage est varié.
Cela en fait un lieu de présentation, d’exposition orale dont les speakers symbolisent une pensée partagée, un courant humaniste dans un contexte numérique. L’ensemble des présentations formait d’ailleurs généralement un discours commun, en termes de préoccupations sociales, écologiques et de développement durable compatible avec l’épanouissement de la société du numérique.
Cependant je n’ai pas assisté à aucun échange entre sièges et scène. On avait un public relativement farouche et distant vis-à-vis d’orateurs qui ne demandaient souvent qu’à être entourés, mais le format de conférences et les nécessités horaires contraignaient à une certaine rigidité. Les interventions sont donc intéressantes, les rencontres également -nous y reviendront ensuite- mais l’échange public entre les entités majeures du salon (les participants annoncés) et la faune de « spectateurs»  pourtant souvent acteurs dans le milieu, était absent, à regret.

Ensuite, les installations. « Autour» , les installations. Principalement visitées/utilisées/testées par les invités du salon entre deux conférences, elles peuvent à première vue paraître excentrées par rapport au discours parfois très engagé des conférences, aux enjeux symboliques et à la force d’intention de la réunion.
Pourtant, dans le jouet musical pour enfants, détourné (circuit-bending) afin de lui donner un second souffle, on peut trouver un lien avec les thématiques abordées lors des conférences. En intervenant de façon simple et économique (un fil et deux points de soudure) sur un jouet très simple, on crée un nouvel instrument aux possibilités décuplées.
Quelques mètres plus loin sur une table, on trouvait des objets auxquels étaient collées des puces RFID, qui déclenchaient chacune l’ouverture d’une page Web différente lorsqu’on passait un objet devant un lecteur RFID. On peut rester perplexe face à la portée artistique ou même philosophique du concept, à côté de l’explication évasive de l’artiste. Pourtant, quand on comprend que chaque objet possède un lien avec une installation du salon, et que la page affichée raconte une petite histoire au sujet de l’installation en question, on peut imaginer qu’il est demandé de prendre ces stands, cet environnement plus ludique, comme une partie intégrante à Lift 09. Des paroles importantes, parfois théoriques, parfois anecdotiques, étaient prononcées lors de chacune des conférences. Mais dans chaque projet rattaché au numérique, qu’il se veuille parfaitement utilitaire comme strictement inutile, on peut trouver un petit moteur d’innovation, un petit élan d’amélioration, dont l’intention, sinon l’utilité, apporte sa pierre à l’édifice du progrès.

Si la machine à laver écologique, fonctionnant grâce à un panneau solaire, ne s’est pas avérée aussi performante qu’ une machine électrique, elle avait certainement plus de charme et plus d’atouts de séduction lors de ces journées ensoleillées ou les chakras semblaient ouverts et optimistes sur les enjeux d’aujourd’hui et de demain, ainsi que sur la manière de s’y prendre pour correctement les engager.

Enfin, ce sont avant tout ses participants qui font de Lift un lieu de convergence si particulier. Chercheurs, enseignants, designers, étudiants, responsables du développement au sein d’une entreprise ou simples passionnés de nouvelles technologies, tous les domaines de compétence, tous les niveaux de connaissances, toutes les expériences se rencontrent et s’entremêlent dans un bouillon de culture où fusent cartes de visite et références.
Entre deux conférences, les artistes et les speakers deviennent accessibles et les « spectateurs»  de l’amphithéâtre sortent de leur mutisme et échangent, et se trouve probablement le coeur de l’évènement, qui en fait force, la personnalité et l’authenticité, vitale à l’établissement d’un lien entre les « belles paroles»  des conférences et leur potentiel de mise en application.

© Laurent Neyssensas

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